Exemple de cas
Travail forcé dans la production de cigares
Un rapport publié par une ONG espagnole porte de graves accusations contre l’industrie cubaine du cigare. Dans les prisons de Cuba, des dizaines de milliers de détenu·e·s seraient contraint·e·s de produire des cigares destinés à l’exportation. Certains de ces produits sont commercialisés en Suisse.

Selon un rapport de l’organisation espagnole de défense des droits humains Prisoners Defenders, qui se fonde sur les témoignages de plus de 50 détenu·e·s se trouvant dans des prisons cubaines, environ 60 000 personnes privées de liberté seraient soumises au travail forcé à Cuba, dont un grand nombre pour la production de cigares. Quiconque refuse de travailler risque de subir des violences ou de perdre son droit de visite. Des cas de menaces et de violences sexuelles contre les femmes ont également été rapportés. Dans l’établissement pénitentiaire de Quivicán, près de la Havane, des détenu·e·s seraient contraints de rouler quotidiennement jusqu’à 60 cigares de qualité d’exportation. Ces produits seraient vendus à l’étranger par des entreprises étatiques telles que Tabacuba. Selon le journal The Guardian, des personnes privées de liberté seraient également utilisées comme main-d’œuvre pour la production de charbon de bois de marabu, qui est commercialisé comme produit « écologique » et exporté vers l’Europe.
L’entreprise suisse de tabac Villiger sous le feu des critiques
La Suisse est l’un des principaux débouchés commerciaux pour les cigares cubains. La société Intertabak AG à Pratteln, qui appartient pour un quart à l’entreprise lucernoise Villiger, importe des marques telles que Cohiba ou Montecristo, que l’on trouve dans les magasins suisses spécialisés dans la vente de cigares. Face aux questions de la NZZ am Sonntag, Intertabak a affirmé qu’elle n’était pas au courant de ces accusations et qu’elle attendait une prise de position de ses partenaires cubains. L’entreprise lucernoise Villiger a elle aussi réagit avec étonnement et a indiqué au journal qu’elle n’avait pas connaissance du travail forcé.

Entre-temps, Tabacuba a concédé pour la première fois que des détenu·e·s étaient impliqué·e·s dans la production de cigares, mais parle toutefois de « participation volontaire », donnant accès à certains avantages dans le cadre de la détention. Les organisations de défense des droits humains, quant à elles, qualifient clairement ce système d’esclavage moderne.
Ce cas montre une fois de plus pourquoi l’initiative pour des multinationales responsables est nécessaire.
Lire le rapport de la NZZ am Sonntag dans son intégralité : « Wenn es für die einen zu gefährlich ist, dann ist es das auch für alle anderen.» Kleinbauern in Brasilien erleiden Vergiftungen durch bei uns verbotenes Pestizid von Syngenta » de janvier 2025 (en allemand)
Pour aller plus loin :
Article du journal The Guardian : « Cuban prisoners forced to work making cigars and charcoal for export to Europe, report claims », de septembre 2025
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